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Sida - AutoTest HIV (VIH)

Sida : faut-il se dépister à la maison ?

Déjà en vente libre sur Internet et dans certaines pharmacies d'Europe, des autotests de dépistage du sida sont susceptibles de débarquer prochainement en Belgique et en France. Se dépister à la maison est-il une bonne idée ? Pour le Conseil national d'éthique, les risques sont bien importants aux avantages.
Grossesse, glycémie, cholestérol, infection à streptocoque... En quelques minutes, on peut procéder à un auto-diagnostic sans quitter son domicile. Suscitant un réel engouement auprès du grand public, les autotests ont envahi les officines... Mais que pensez de l'autodépistage du sida ? Déjà, début mars 2005, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) se prononçait sur cette question.

Deux types d'autotests

Ces tests de dépistage du sida pourraient prochainement débarquer en France. Mais tout d'abord, une première distinction s'impose. Ces dispositifs sont de deux types :

L'autoprélèvement à domicile

Dans ce cas, le prélèvement sanguin est effectué par la personne elle-même. Le plus souvent, il s'agit d'un prélèvement de sang déposé sur une sorte de buvard qui est codé puis envoyé à un laboratoire d'analyse. La personne demande ensuite par téléphone le résultat au laboratoire, en demeurant anonyme grâce à son code. En cas de résultat positif, elle est le plus souvent mise en relation, au téléphone, avec une personne qui lui donne des explications et des conseils. Le test "Home Access Express HIV-1 Test System" fabriqué par le laboratoire Home Access Health Corporation a même été approuvé par l'agence américaine du médicament, la célèbre Food and Drug Administration. Récemment, un dispositif ne nécessitant qu'un prélèvement de salive a été commercialisé aux États-Unis.

L'autotest à domicile

L'autotest s'effectue à domicile. Le prélèvement, la lecture et l'interprétation des résultats sont effectués par l'individu lui-même. L'individu est ainsi seul, face au résultat, sans qu'aucune intervention d'un professionnel de santé soit possible. Basé sur la recherche d'anticorps spécifique, ces tests proposent une réponse en 1 minute, avec une visualisation proche de celle des tests de grossesse : une seule bande colorée, vous n'êtes pas infecté - deux bandes colorées et vous êtes séropositifs.
Au-delà des réserves techniques, le directeur général de la santé avait demandé son avis sur le sujet au Comité consultatif national d'éthique.

De nombreuses réserves éthiques

Selon le CCNE, ces autodiagnostics peuvent paraître séduisants à plus d'un titre. Ils pourraient en effet permettre "un diagnostic plus précoce", "un élargissement du nombre de personnes connaissant leur statut sérologique", "une responsabilisation de la vie sexuelle" tout en respectant "la confidentialité" et en évitant "toute stigmatisation". Néanmoins, ces avantages sont à mettre en balance vis-à-vis des réserves éthiques et techniques soulignées dans l'avis des sages :

Pour l'autotest de HIV (VIH)

Accessibilité à tous de façon discrète
Avec l'achat sur Internet, toutes les personnes peuvent acquérir cet autotest HIV (VIH) de façon confidentielle. Ils ou elles ne doivent pas passer la barrière qu'impose le contact avec un intermédiaire quelconque, même s'il vient d'un contact professionnel médical. Il est en effet très difficile pour une personne ayant eu des rapports à risques, de demander une aide extérieure, elle préfère souvent se rassurer en pensant cela n'arrive qu'aux autres, ce n'est pas possible tout le monde n'est pas malade... Cela pose un réel problème de prévention active.
Rapidité pour obtenir des résultats
L'utilisateur peut à tout moment et régulièrement faire un test rapide. Un diagnostic peut être réalisé de façon précoce.
Réduction des coûts pour la sécurité sociale
Ces tests ne sont pas remboursés par la sécurité sociale, mais peuvent réduire l'état de stress que l'utilisateur peut vivre.
Respect de la confidentialité
L'enregistrement de vos données n'est fait enregistré qu'après et si deulement vous avez un résultat positif de l'autotest HIV (VIH). Lors du contrôle dans un laboratoire agréé vont données seront alors collectées et viendront grossir les bases de données.

Contre l'autotest de HIV (VIH)

Faux positifs
S'appuyant sur un document du Conseil national du Sida et une étude du Centre du contrôle des épidémies américain (CDC), un certain nombre de faux positifs serait affiché. Ce qui veut dire qu'une personne se penserait à tort porteuse du virus du sida. En outre, certains de ces tests rapides ne permettent de dépister que l'infection par le virus VIH1, à l'exclusion de celle par le VIH2 qui contamine les populations de certains pays africains. Ces données soulignent la nécessité d'une confirmation par un test en laboratoire en cas d'un résultat positif.
L'absence d'encadrement médical
Durant le mois qui suit l'infection, la personne n'a pas développé les anticorps spécifiques permettant le diagnostic. L'absence de conseil par un professionnel de santé pourrait ainsi conduire paradoxalement à une augmentation de la prise de risques liée à un autotest négatif. Jugeant l'intervention téléphonique d'expert insuffisante, le CCNE juge que "l'absence de prise en charge médicale constitue une véritable négation de la responsabilité médicale et va à l'encontre d'une politique de santé publique (un gros manque à gagner du système). La prise en charge administrative et sociale qui doit accompagner l'annonce d'un résultat positif n'est pas assurée, en particulier pour les personnes en situation de précarité (qui d'ailleurs hésiteraient à recourir à un test non remboursé par la sécurité sociale, encore faut-il qu'ils aient la capacité financière et une couverture sociale)". Par ailleurs, une telle annonce peut susciter un état de détresse et des conséquences importantes sur le plan social ;
Le risque d'usage abusif
Le CCNE estime enfin qu'il "ne faut pas non plus négliger le risque possible de l'usage abusif d'un autotest sous contrainte ou sous pression d'un partenaire, d'une famille, d'un employeur, d'un assureur ou de la police". Cela ne changera pas ce risque d'abus.
Une perte de données indispensables
Enfin, la surveillance épidémiologique de l'épidémie se base en France sur la séropositivité, et non la maladie, qui implique la déclaration obligatoire. Une généralisation du dépistage par autotest entraînerait ainsi la perte de données importantes et donc de nombreuses difficultés pour juger de l'évolution de l'épidémie ou de l'efficacité des programmes de lutte.
Les réserves de cet avis rejoignent les conclusions d'un rapport de 1998 du Conseil national du sida. En conclusion, le CCNE invite à résister au "marketing agressif" dont bénéficient ces tests. Seul hic mentionné par cet avis : "Si une autorité administrative refuse le principe même de ces autotests pour quelque raison que ce soit, elle peut être accusée de récuser un droit légitime à la connaissance et d'entraver une certaine liberté d'accès à des données personnelles"...

En attendant, continuez à vous protéger et si vous avez des doutes, n'hésitez pas à pratiquer un test dans un laboratoire ou un centre de dépistage
Source : Avis n°86 - Problèmes posés par la commercialisation d'autotests permettant le dépistage de l'infection VIH et le diagnostic de maladies génétiques - CCNE

Commentaires   

 
0 #1 diy hydroponics 04-11-2014 15:09
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