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Opération mains propres dans la santé en Chine

Quand la Chine nous montre l'exemple !

L'enquête menée par Pékin chez GSK risque de faire tache d'huile.
Elle pourrait se solder par une baisse des prix des médicaments.

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Jusqu'où ira l'offensive anticorruption menée par Pékin contre les laboratoires étrangers ? Mis en cause pour des faits de corruption, GlaxoSmithKline (GSK,) a reconnu, hier, que l'enquête du gouvernement chinois aurait un « impact sur sa performance », même s'il s'est refusé à le chiffrer, estimant qu'il était trop tôt pour cela.

GSK, qui réalise en Chine un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de dollars, est accusé par les autorités chinoises d'avoir versé des pots-de-vin pour un total de presque 500 millions de dollars par l'intermédiaire d'une agence de voyages et de projets de sponsoring. Quatre cadres du groupe, de nationalité chinoise, ont été interpellés, tandis que le directeur financier de GSK en Chine s'est vu interdire de quitter le territoire.

Mais pour les experts, il est peu probable que GSK soit seul concerné par de telles pratiques, étant donné le manque de transparence du système médical chinois et les maigres revenus des médecins. Plusieurs entreprises seraient, en effet, dans la ligne de mire des autorités chinoises. A commencer par les autres clients de la principale agence de voyage impliquée dans l'affaire GSK, tels que Sanofi, Novartis, Merck et Roche, même si certains avaient déjà interrompu leurs contrats.

La police chinoise a, également, interrogé trois employés d'AstraZeneca, autre grand laboratoire britannique, et ont visité les bureaux du belge UCB, selon des déclarations de ces deux groupes, qui n'ont, cependant, pas spécifié pour quelles raisons ils étaient visés.

La tentation de faire un exemple

Les autorités avaient annoncé, début juillet, leur intention d'enquêter sur soixante compagnies pharmaceutiques pour contrôler les tarifs qu'elles pratiquent. Elles pourraient utiliser l'affaire GSK pour faire un exemple. Autant de signaux destinés à accroître la pression sur les entreprises étrangères, incitées de facto à baisser leurs prix de détail. GSK, pour sa part, s'est d'ailleurs déjà engagé à réduire la composante opérationnelle dans le coût de ses produits et à faire bénéficier le consommateur de cette diminution. Au-delà de l'amende de 5 à 10 millions de dollars que le groupe britannique pourrait devoir payer, c'est cette révision à la baisse du calcul des prix qui aura un impact durable pour GSK, mais aussi pour les autres laboratoires présents sur le marché chinois.

Pour autant, il est peu probable que les laboratoires se détournent d'un marché qui devrait croître de 16 à 18 % par an, jusqu'en 2016, selon les prévisions du cabinet IMS. GSK, qui est un des laboratoires les plus anciennement implanté sur le marché chinois, y dispose de six unités de production, et il est actuellement en pourparlers avancés avec une entreprise locale pour créer une joint-venture dans le domaine des vaccins. Le gouvernement chinois accroît progressivement ses ambitions en matière d'immunisation de la population, et c'est une opportunité que le numéro un européen des vaccins ne veut pas laisser passer.

Difficile décidément de rester irréprochable en Chine, et ailleur ?


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